L'Oncle Ernest
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INTERVIEW DU 16/08/1999

L’Album secret est l’une des meilleures ventes en France dans le domaine du ludo-éducatif. Il vient d’être traduit dans une dizaine de pays. Comment justifiez-vous ce succès ?

Fait encore rare, c’est un titre réellement familial qui, parfois pour des raisons différentes, plaît aux enfants comme aux parents. Ce qui les touche sans doute c’est son aspect authentique. Nous avons prouvé qu’il était possible dans ce marché déjà industrialisé du multimédia qu’un univers et un personnage originaux rencontrent un large public. Il marche peut-être parce qu’il est justement l’antithèse d’un concept marketing.

Pourquoi créer une suite à L’Album secret qui est justement un concept à part ?

Il ne s’agit pas d’un " numéro 2 " comme cela se pratique habituellement dans les jeux vidéos. Je pense que le concept de l’album vivant interactif est suffisamment riche pour accueillir une histoire complètement inédite, un peu comme on prend du plaisir à retrouver un univers de BD d’un album à un autre.

Pourquoi avoir attendu un an seulement ?

En matière de multimédia, on ne peut pas, hélas, se permettre de prendre son temps. Le scénario est dépendant des possibilités techniques du moment.

Comment jugez-vous Le Fabuleux Voyage par rapport à L’Album secret ?

Le scénario est plus fouillé, plus abouti. Il y a plusieurs niveaux de narration qui contribuent à enrichir l’aspect romanesque : en plus des films qui existaient déjà dans L’Album secret, on trouvera les cartes postales, et puis Ernesto le robot, un nouveau personnage qui est un peu la mémoire d’Ernest. L’aspect déroutant de L’Album secret nous a obligé à beaucoup expliquer le concept lors de sa sortie. Le concept de l’album étant maintenant connu, j’espère que cela permettra d’apprécier davantage le scénario et l’univers artistique.

Avez-vous le sentiment de participer à un nouvel art ?

On commence à voir effectivement des réalisations qui reflètent le point de vue d’un ou plusieurs auteurs. Je pense qu’on pourra parler véritablement d’art quand on verra l’émergence d’auteurs véritables qui ne proviendront ni du livre, ni du cinéma, ni de la BD et qui inventeront une écriture spécifique. En ce sens, Internet me paraît parfois plus avancé en matière d’esthétique nouvelle.

Ce sentiment d’être au début de quelque chose de totalement neuf n’est-il pas passionnant ?

Dans un art en train de se faire, tout est possible mais la contrepartie est terrible : nous savons que les réalisations d’aujourd’hui disparaîtront dans moins de 5 ans avec les machines qui les ont porté. Les seules réalisations qui resteront seront celles qui auront marqué leur génération, celles qui resteront dans l’esprit des gens.